Réunion
02/02/2010
Par Maité KODA
SOCIAL. La Redetar licencie sec
Une partie des effectifs de la régie départementale des travaux agricoles et ruraux a reçu une lettre de licenciement. Aucun reclassement n’est proposé.
En vidéo
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Les salariés de la Redetar sont amers
Ils sont nombreux à avoir reçu leur lettre de licenciement et regrettent l'absence de possibilité de reclassement. -
Les salariés d'Arast maitiennent leur mobilisation
Les ex-salariés de l'Arast manifestent pour alerter l'opinion publique sur leur situation.
© RFO
C’est une nouvelle affaire dont le Conseil général aurait préféré se passer La Régie départementale des travaux agricoles et ruraux (Redetar) traverse une mauvaise passe. Treize des trente salariés de cette société gérée par le Conseil départemental sont amenés à la quitter.
Licenciements secs
Les difficultés rencontrées par la régie n’étaient un secret pour personne. Depuis plusieurs années, le nombre de chantier en nette diminution avaient même déjà entrainé de premiers licenciements. Mais l’annonce de cette nouvelle vague laisse un gout amer. Un futur licencié s’en est ouvert au Journal de l’île de la Réunion : « En décembre dernier, le directeur de la Redetar, Patrick Le Vacher, annonçait à ses salariés qu’il serait obligé de se séparer d’une partie d’entre eux. (…) Un peu plus tard, après une réunion du conseil d’administration, le président Jean-Jacques Vlody nous a promis qu’il n’y aurait pas de licenciement sec, que nous serions reclassés au sein du Conseil général », explique-t-il.
Seulement, à ce jour, aucune offre de reclassement n’a été communiquée. Les salariés concernés affirment se retrouver face au silence de leur direction.
Karl Mabrouk, représentant du syndicat autonome de la fonction publique territoriale réunionnaise (SAFPTR) est scandalisé. « A l’heure actuelle, on se rend compte que Monsieur Vlody se cache. Nous lançons un appel pour que Monsieur Vlody vienne sur la table des négociations. Allons ensemble réfléchir pour essayer de trouver une solution pour ces agents qui ont été licenciés. Ils représentent quand même 50% des effectifs de la Redetar. Ce sont des pères de famille, il faut absolument trouver une solution », a-t-il déclaré au micro de RFO Réunion
Une promesse "illusoire et abominable"
Interviewé, Jean-Jacques Vlody a
répondu aux critiques du syndicat dans une vidéo publiée mardi sur le site
Internet Zinfos974.com, regrettant que « certains syndicalistes de bas
étage viennent profiter d’une situation difficile pour des salariés pour en
faire leur fond de commerce et alimenter toutes sortes de polémiques »,
réfutant l’idée d’une absence de dialogue.
« Il y a une nécessité de
restructurer cette entreprise qui, aujourd’hui, est trop grosse par rapport aux
marchés potentiels », se justifie t-il ,avant de préciser que six départs sont "volontaires et négociés".
Concernant la promesse « illusoire et particulièrement abominable » des possibilités de reclassements, ce sont les syndicats qui l’ont faite assure-t-il. « Les métiers sont complètement différents. Nous sommes dans une régie de travaux agricoles. Le Conseil général n’est pas une entreprise d’aménagement foncier ».
Le précédent de l’Arast
Cette affaire n’est pas sans rappeler celle des ex-salariés de l’ARAST. L’Association régionales d’aides sociales territorialisées, elle aussi gérée par le Conseil général de la Réunion a été liquidée le 27 novembre 2009. Depuis, 1 200 salariés sont en attente de leurs indemnités de licenciements.
Indemnités qui ne viennent pas en raison d’un conflit entre le Conseil général et l’AGS (Assurance de garantie des salaires) qui se renvoient mutuellement la responsabilité des versements. Malgré la très forte mobilisation des ex-salariés, et l’occupation du hall Palais de la Source, siège du Conseil général depuis plusieurs semaines, aucun accord n’a été trouvé, en dehors de quelques aides d’urgences ponctuelles.
Saisi par le Conseil général pour statuer sur l’occupation illégale des locaux, le tribunal de grande instance s’est déclaré incompétent ce mardi 2 février.
