Réunion
11/01/2010
Par Maité KODA
SOCIAL. Les ex-salariés de l’Arast en grève de la faim
Toujours mobilisés au palais de la Source, siège du Conseil général de la Réunion, les ex-salariés de l’ARAST durcissent le mouvement.
Six d’entre eux débutent aujourd’hui une grève de la faim.
Depuis mardi, les ex-salariés ont envahi le hall d’accueil du palais de La Source, siège du Conseil général © RFO
Elle était annoncée depuis ce week-end. Les ex salariés de l’Association réunionnaise d’accompagnement social territorial (ARAST) ont tenu parole. Six d’entre elles entament aujourd’hui une grève de la faim pour obtenir leurs indemnités de licenciements.
Une aide d’urgence
Placée depuis le mois d’avril en redressement judiciaire, l’Arast fait l’objet d’une liquidation sept mois plus tard, décidée par le tribunal. Depuis le 27 novembre 2009, pas moins de 1 200 salariés se sont donc retrouvés sur le carreau.
Depuis, ils réclament sans relâche leurs indemnités de licenciement, jusqu’ici en vain. Conseil général et AGS se renvoyant mutuellement la balle. Réunion et négociations avec l’Assurance de garantie des salaires, (AGS), le Conseil général et la préfecture n’ont à ce jour rien donné.
Mardi, les ex-salariés ont envahi le hall d’accueil du palais de La Source, siège du Conseil général, dans le but de se faire entendre. Cela fait donc bientôt une semaine qu’il s’y relaient, nuit et jour.
Vendredi, Nassimah Dindar, président e du Conseil général de la Réunion à concédé une aide d’urgence : mille euros par salarié. Une solution qui reste temporaire.
Une visite présidentielle attendue
« La priorité reste nos indemnités, explique Patrick Grosset, ancien représentant syndical de l’Arast. S’il le faut ensuite, on se battra pour la réintégration des salariés, mais aujourd’hui, ce qui nous préoccupe, ce sont nos indemnités. »
Le président de la République Nicolas Sarkozy est attendu à la Réunion le 19 janvier. Tous les militants l’assurent : ils sont prêts à rester sur place jusqu’à son arrivée.
Nassimah Dindar, gênée aux entournures
Le Conseil général était unique financeur de l’Arast. L’association a été mise en liquidation le 27 novembre. Estimant que la collectivité a voulu procéder à une restructuration à moindre frais, l’AGS a refusé de verser les indemnités de licenciement. Le Conseil général maintient de son côté "qu’il s’agit de licenciements pour motif économique qui doivent entraîner une prise en charge par l’AGS".
Le conflit s’éternise, et l’aura de Nassimah Dindar, présidente du Conseil général en prend un coup. La médiatisation locale de la situation de l’Arast, n’ayant ni la possibilité de s’inscrire au pôle emploi ni de bénéficier du RMI a ému la population, et les élus.
Les ex salariés en appellent à la démission de la présidente du Conseil général. Et l’oppostion PS, PCR, Modem et Droite sociale ont dénoncé dans un communiqué le conseil général, le qualifiant de « machine froide qui broie l’homme et fabrique de la casse sociale ».
